... Quelque chose d'unique !
Tout a commencé quand Maeror Nel m'a enguelée pour mon imprudence. Dans cette ville engloutie, les tours sont à moitié éventrées, déchirées, lézardées, mais pas uniquement à cause de la Catastrophe. Il y a les algues noires...
Ces végétaux bizarres ont des formes assez fluides, un peu torturées, et poussent jusqu'à atteindre une dizaine de mètres de hauteur. Ensuite, elle essaiment comme les abeilles : les filaments les plus hauts ou éloignés se détachent, s'enfonçent dans le sol ou la roche et forment une future algue.
Il ne faut pas se fier à leur apparence banale. Ici, dans cet océan, tout n'est que lutte sous les apparences du calme. Pendant l'automne et l'hiver, ces algues deviennent "dévorantes". Elles se multiplient en utilisant tout ce qui passe près de leur doigts : sol, terre, mais aussi autres végétaux, poissons, voire même êtres humains ! Tout leur est propice. Une personne a failli en perdre la vie. Les algues broyaient sa combinaison par effet-ventouse pour ouvrir les chairs et les utiliser comme terreau.
Pas de panique ! Je ne vais pas faire un cours de biologie ! je vous montre juste les petits dangers du coin. Une algue tout bête en apparence, hein ?... Hé bien, en ce moment, elles commencent à devenir dévorantes. Oh, très peu. Et elles ne sont pas aussi voraces qu'en automne, ça c'est sûr...
Mais l'une d'elle a failli me garder une main dans ses filaments (si je ne l'avais pas empêchée bien sûr, j'exagère un peu). Comme le professeur Nel m'a a l'oeil (il est jeune, extrêmement compétent, très doué et donc très exigeant) vu que je suis une novice ici, il a foncé direct à ma rescousse et m'a demandé de filer à la surface pour me faire enlever cet échantillon d'algue noire.
J'ai coupé droit par une zone d'ombre. C'est là qu'il m'a trouvée. Lui. Le dauphin.
Comment dire ? J'étais terrifiée ! ! Rencontrer un animal aussi intelligent, aussi mystérieux, si peu connu... Il n'a rien de commun avec les dauphins habituel. Juste le bec et l'aspect général de la tête...
Trois stries noires, près des yeux. Pour respirer ? Et ces yeux ! Insondables ! Deux ovales de ténèbres... Limite effrayants...
Mais ce n'est pas tout. Son corps ovale est quasiment invisible sous des centaines de filaments qui s'agitent plus ou moins dans l'eau. A t-il des nageoires ? Se propulse t-il par ces prolongements qui ont l'air puissant malgré leur finesse ?
Il a jailli de nulle part, se dinstinguant de l'océan comme un caméléon changeant de perchoir. J'ai tendu la main, incrédule. Il n'y avait plus rien, plus d'univers, juste ça ! le dauphin !... Et il s'est rapproché pour que je touche son flanc.
Je n'y croyais pas ! Impossible ! Si peu de gens ont la chance d'en voir, encore moins d'en toucher. nel est l'un de ceux-là. On dit que les dauphins ne rencontrent que ceux qui ont u nrapport avec la Catastrophe. J'ai pu le vérifier moi-même...
Il a enroulé deux filaments autour de mes poignets pour m'immobiliser. Ensuite... Son oeil s'est allumé ! Et je suis tombée dans son esprit. Oui, dans son esprit... Ou plutôt dans ceux des morts d'Ekysse.
Quelle... expérience unique... Je... je n'ai plus la froce d'en raconter davantage pour cette nuit. Mais une chose est sûre : ils vont me reparler. C'est sûr. Je le sens. C'est le lien qui...