Aliénation ?

Avez-vous déjà eu cette impression de perdre ce qui fait votre identité ? Votre caractère ?

Jusqu'à quel point peut-on changer, évoluer, sans devenir une autre personne ? Peut-on perdre ses rêves de jeunesse sans pour autant voir en la petite gamine d'autrefois une parfaite inconnue ?

On dit généralement qu'on est ce qu'on fait, plus que ce qu'on a envie de faire. Mais, dans ce cas, notre identité évolue tout au long de la vie... Alors pourquoi parfois se sent-on si éloigné de tout ce qui constituait nos pensées quelques années avant ?

J'ai l'impression, avec le recul, d'avoir été plusieurs femmes différentes...

- l'insouciante jusqu'à mes douze ans...
- la traumatisée en peur permanente jusqu'à l'âge de vingt- vingt et un ans,
- la reconstruite jusqu'à environ trente-quatre ans
- et celle que je suis maintenant.

Qui suis-je ? Où est passée la gamine heureuse et bavarde comme une pie ? Où s'est enfuie l'ado tourmentée à la recherche de vérités qui la hantaient ? Et où est partie la jeune adulte qui s'était reconstruite autour de sa fille et de la haine envers eux ?

Eux qui m'ont traumatisée, eux qui m'ont laissée en morceaux, eux qui m'ont...

Je ne tremble plus, je ne pleure plus, je me sens si... consciente, vivante... heureuse ? Peut-on appeler le bonheur cette sensation qui vous brûle de l'intérieur sans aucune douleur, qui vous gonfle d'espoir et vous garde les yeux ouverts malgré les dangers potentiels ?

...

J'ai peur.

Suis-je encore humaine ?

Istalle.
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# Posté le mercredi 07 octobre 2009 19:10

Neutralisateurs

Que fait-elle ?

Impossible de savoir avec certitude. Elle a bien récupéré son courrier ce matin et se terre depuis dans son appartement.

C'était à prévoir. Elle n'arrive pas à prendre une décision.

Nous continuons comme prévu ?

Evidemment. Au pire, cela l'affolera davantage ; au mieux, elle se livrera. Dans tous les cas nous sommes gagnants.

Et si Isaris n'était pas avec elle ?

Nous l'avons avertie, elles doivent être toutes les deux à nous. Dans le cas contraire, il mourra.

[...]

La police a déjoué notre plan, il est sain et sauf.

Tout ça à cause d'Erno... Mais rien n'est perdu, l'étau se resserre. Elles viendront d'elles-même se placer entre nos mains.

Le Comité d'éthique l'a placée dans un complexe sécurisé avec Isaris, le flic et ses parents.

Aucune importance. Nous allons attendre un peu. Si elle fait la morte, nous commencerons par ses amis proches.

Vous êtes sûr qu'ils sont encore incapables de détecter nos traces ?

Oui. Seule Isaris le peut mais sa vie est suspendue au multifonction de Sorde.

Alors tout est pour le mieux.

Oui. Nous pouvons lancer l'opération Hydre noire...




Petite improvisation en rapport avec le roman 3 "pulsar en tête"... :) classé comme meilleur roman après "la cité des dauphins" par mes (exigeants) lecteurs. Je le corrige actuellement... à suivre.

# Posté le mardi 29 septembre 2009 09:15

Fragments d'Istalle

Qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce qui m'arrive?

Tout est si flou dans ma tête...

Pourquoi cette odeur de chair brûlée, de souffrance ?... Comme un souvenir à vif qui me hante.

Pourquoi lui avoir parlé ?... Elle, elle n'avait rien demandé. L'enfant est innocent des crimes de ses parents.

Payer... Je croyais vous faire payer alors que je suis si proche de vous.

Sommes-nous condamnés à disparaître de ce monde ?

Eyal...
Ékysse...

Eux évoluent. Nous pas. Cela fait-il de nous des êtres plus intelligents ou des fous ?

J'ai mal à la tête... Le soleil me brûle... Libérez-moi et j'irai... là-bas...
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# Posté le lundi 27 avril 2009 18:34

Dauphins d'Ekysse... et humains

Dauphins d'Ekysse... et humains
« Dis-moi... Ékysse ?
- Complètement noire. Enfin, presque. Il y a juste un endroit que les algues n'ont pas condamné : la pierre du c½ur de la ville. »
En un éclair, Istalle se remémora la vision qu'elle avait eue en touchant la jumelle martienne de cette dalle noire. Déjà, ils entraient dans le restaurant.
« Et depuis quand ? souffla-t-elle.
- Heu... Attends que je me rappelle...
- Quand ?
- Peu après ton départ. Le centre d'Ékysse a très vite disparu sous les algues. Sauf ça. C'est tout ce que je sais.
- Bon sang !... Et personne n'a essayé de détruire ces maudites algues ?
- Tu n'imagines pas le travail que ça demanderait. Titanesque ! Et qui voudrait s'occuper d'une ville-morte ?
- Moi. »
Bref silence...
« Et alors et alors et alors ? »
...ponctué de la voix aigüe de Lætia. Jean dévisagea Istalle, inquiet.
« Qu'est-ce qui te prend ? Tu ne veux quand même pas retourner là-bas ?
- Si.
- Mais faire quoi ? Contempler des champs d'algues ? On ne peut même plus voir le sable tant elles sont nombreuses.
- Je veux savoir s'ils sont encore là.
- Les dauphins, réalisa Jean. Tu veux encore...
- Ça t'étonne ?
- Étant donné ce que tu as souffert, oui.
- Justement, je ne veux pas que ma fille subisse ma même chose.
- Tu veux dire que...
- Ils me parlent toujours, Jean. Depuis tout ce temps ! Et à elle aussi.
- C'est impossible !
- Je ne suis pas folle. J'ai résisté, j'ai essayé d'oublier, mais rien à faire. Ils la harcèleront si je ne vais pas leur parler.
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# Posté le mardi 10 mars 2009 18:11

Voyageur qui passe ici-bas...

Voyageur qui passe ici-bas
Entend sonner le glas ;
Entre l'écume et l'abysse
Reposent les morts d'Ekysse...

Le voile s'était déchiré. Secouée, Istalle se remémora les paroles de Jean Filaud. D'Ékysse, il ne restait plus rien qu'un gigantesque champ d'algues. Des tours brillantes, des arbres fiers et des pavements ne subsistait qu'un relief accidenté que les végétaux s'empressaient d'effacer. Effondrée, la jeune femme posa sa tête contre ses bras.
Papa...
Au loin, un éclat de soleil plus vif que les autres jaillit d'une crête d'écume. Et une pensée d'images et de mots vint rejoindre la sienne.
Viens.
Istalle releva la tête.
Viens.
Elle éclata de rire. Le dauphin se tut. Et tandis qu'elle riait, des coulées de larmes dévalèrent son visage, irradiées par le soleil couchant.
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# Posté le lundi 23 février 2009 11:13